[Court-Métrage] SURRENDER de Guillaume Pierret
Ok, j'arrive un peu 10 ans après la bataille, mais comme on dit, mieux vaut tard que jamais, hein ! Et avant de lire cet article, je conseille vivement de voir le film avant, si ce n'est pas déjà fait.
Surrender qu'est-ce que c'est ? C'est un court métrage amateur aux allures de super production. L'histoire d'un type qui après avoir renversé quelqu'un en bagnole va chercher à obtenir le pardon. Un scénario que certains qualifieraient de minimaliste, mais pour un film d'action pur et dur, c'est amplement suffisant. Surtout que ce qui fait un bon scénario, ça n'a jamais été sa complexité, mais le traitement de l'histoire et de ses personnages. Les ramifications, ce ne sont que des bonus pour ainsi dire. Surrender a été très critiqué de ce coté là, pourtant il faut savoir passer outre la force brutale pour se rendre compte que le scripte n'a pas été laissé au hasard.
Ce qui frappe tout d'abord dans Surrender, c'est évidemment l'aspect très pro du rendu pour un budget dérisoire (à peine plus de 2500€ !!) qui témoigne non seulement d'un vrai savoir faire, mais aussi d'un vrai engouement pour un cinéma de genre. Et ça, ça fait toujours très plaisir à voir. Le rendu très ciné de l'image (la Panasonic DVX 100 est vraiment une bombe) ajouté à une réalisation caméra au point offre une frénésie à l'histoire et à cette course poursuite (aussi bien contre la montre que pour le salut) qui prend le spectateur au bide et ne le lâche plus. A ce propos, la caméra, pourtant très tremblante, ne gêne jamais puisqu'elle ne privilégie à aucun moment le style à la visibilité. Le combat dans le bar, à ce titre, est un très bon exemple. On ne se demande pas où se trouve tel personnage et qui tape sur qui, tout s'enchaine naturellement, malgré les mouvements de caméra. Une caméra portée dont le but est d'apporter un esprit "pris sur le vif", mais qui garde en tête que la compréhension de l'action est primordiale. De ce coté là, Surrender est une preuve que ce stye visuel, utilisé intelligemment et à bon escient peut devenir un concentré d'efficacité. Et n'en déplaise à certains, mais Greengrass et ses combats incompréhensibles pourrait en prendre de la graine !
Mais ce serait trop facile de réduire ce film à un simple étalage de tôle froissée et de qualifier son scénario de dérisoire comme j'ai pu le lire à plusieurs reprises. Une injustice qui gagnerait à être réparée, car ce n'est pas parce qu'on fait un court d'action de 10 minutes qu'il est impossible de poser de vraies situations et de vrais personnages. Et ça, Mr Pierret l'a bien compris, puisqu'en une seule séquence, et malgré un dialogue peu convaincant, il constuit un personnage principal avec une réelle psychologie, et l'ancre dans une position de persécuté qui va donner à son échappée non seulement un objectif et un enjeu, mais aussi une profondeur bien au dela de la volonté de spectaculaire. Image parfaite de l'anti-héros, le personnage principal est un lâche qui n'assume pas ses actes, mais qui surtout n'assume pas sa lâcheté et va se fixer pour but de se racheter. Intention louable, mais dont l'origine restera irrémédiablement négative. Cette course poursuite est vaine, il le sait pertinemment, mais il ne lui reste que ça, et comme il n'a plus rien à perdre, il n'y a plus aucune raison de reculer devant les obstacles. Au final, lorsqu'il se retrouve face au "super-cop", il se voit une nouvelle fois en possession du pouvoir de vie ou de mort. S'il décide d'assommer le flic au lieu de lui renvoyer l'ascenseur en lui logeant une balle dans la tête, c'est peut-être qu'avec ce nouveau choix de tuer ou non, quelque part, il trouve un moyen de se racheter. Ou bien il est conscient qu'il ne pourra assumer un nouveau meurtre qu'il commettrait, cette fois-ci, frontalement. Dans les 2 cas, le personnages évolue au cours du temps (et ce n'est pas ce qu'on demande dans un scénario ?), même si les choses, elles ne changeront pas.

Et ce super-cop, même si son
personnage est un bourrin, le réal prend le temps de le mettre en place, et ce d'une manière toute conne : un simple sourire. Un geste qui ne prend que quelques secondes, mais qui en dit long. Il pourrait être la parfaite allégorie de l'abus de pouvoir, utilisant son rang de policier afin de passer au dessus des lois pour son plaisir. Il trouve l'occasion ici, par l'autorisation de tirer à vue, de laisser lire cours à sa nature violente. Une brèche à travers laquelle il pourra tout se permettre, tous les extrêmes. Lorsqu'il balance une grenade, non seulement c'est la marque d'une réalisation qui va au bout de ses idées et n'a pas peur de s'aventurer dans un terrain presque absurde (des flics avec des grenades, ça ferait peur quand même !), mais en plus, ce geste ajoute à la psychologie du perso qui montre que lui non plus il ne reculera devant rien pour arrêter celui qu'il poursuit. Mine de rien, avec un geste tout con, que pas mal de gens ont jugé en trop, on parvient finalement à affirmer la personnalité d'un flic over the top, mais en plus à créer un lien entre les 2 personnages. Tous les 2 ont un point commun : ils se sont fixés un objectif, qu'il soit salutaire ou de pur sadisme, et ils sont prêt à tout pour l'atteindre. Et si ça c'est pas un putain de moyen de créer une tension dramatique, qu'est-ce que c'est ?
Et puis franchement, quand je vois un épilogue de cette qualité, aussi bien d'un point de vue visuel que scénaristique (les chutes aussi marquantes, elles ne sont pas légion), je ne peux pas croire que ce court métrage soit juste une excuse pour casser des voitures. C'est un film, plus je le revois, plus je l'aime, et à chaque fois, j'ai envie de dire une seule chose : Merci Mr Pierret !
Surrender qu'est-ce que c'est ? C'est un court métrage amateur aux allures de super production. L'histoire d'un type qui après avoir renversé quelqu'un en bagnole va chercher à obtenir le pardon. Un scénario que certains qualifieraient de minimaliste, mais pour un film d'action pur et dur, c'est amplement suffisant. Surtout que ce qui fait un bon scénario, ça n'a jamais été sa complexité, mais le traitement de l'histoire et de ses personnages. Les ramifications, ce ne sont que des bonus pour ainsi dire. Surrender a été très critiqué de ce coté là, pourtant il faut savoir passer outre la force brutale pour se rendre compte que le scripte n'a pas été laissé au hasard.Ce qui frappe tout d'abord dans Surrender, c'est évidemment l'aspect très pro du rendu pour un budget dérisoire (à peine plus de 2500€ !!) qui témoigne non seulement d'un vrai savoir faire, mais aussi d'un vrai engouement pour un cinéma de genre. Et ça, ça fait toujours très plaisir à voir. Le rendu très ciné de l'image (la Panasonic DVX 100 est vraiment une bombe) ajouté à une réalisation caméra au point offre une frénésie à l'histoire et à cette course poursuite (aussi bien contre la montre que pour le salut) qui prend le spectateur au bide et ne le lâche plus. A ce propos, la caméra, pourtant très tremblante, ne gêne jamais puisqu'elle ne privilégie à aucun moment le style à la visibilité. Le combat dans le bar, à ce titre, est un très bon exemple. On ne se demande pas où se trouve tel personnage et qui tape sur qui, tout s'enchaine naturellement, malgré les mouvements de caméra. Une caméra portée dont le but est d'apporter un esprit "pris sur le vif", mais qui garde en tête que la compréhension de l'action est primordiale. De ce coté là, Surrender est une preuve que ce stye visuel, utilisé intelligemment et à bon escient peut devenir un concentré d'efficacité. Et n'en déplaise à certains, mais Greengrass et ses combats incompréhensibles pourrait en prendre de la graine !
Mais ce serait trop facile de réduire ce film à un simple étalage de tôle froissée et de qualifier son scénario de dérisoire comme j'ai pu le lire à plusieurs reprises. Une injustice qui gagnerait à être réparée, car ce n'est pas parce qu'on fait un court d'action de 10 minutes qu'il est impossible de poser de vraies situations et de vrais personnages. Et ça, Mr Pierret l'a bien compris, puisqu'en une seule séquence, et malgré un dialogue peu convaincant, il constuit un personnage principal avec une réelle psychologie, et l'ancre dans une position de persécuté qui va donner à son échappée non seulement un objectif et un enjeu, mais aussi une profondeur bien au dela de la volonté de spectaculaire. Image parfaite de l'anti-héros, le personnage principal est un lâche qui n'assume pas ses actes, mais qui surtout n'assume pas sa lâcheté et va se fixer pour but de se racheter. Intention louable, mais dont l'origine restera irrémédiablement négative. Cette course poursuite est vaine, il le sait pertinemment, mais il ne lui reste que ça, et comme il n'a plus rien à perdre, il n'y a plus aucune raison de reculer devant les obstacles. Au final, lorsqu'il se retrouve face au "super-cop", il se voit une nouvelle fois en possession du pouvoir de vie ou de mort. S'il décide d'assommer le flic au lieu de lui renvoyer l'ascenseur en lui logeant une balle dans la tête, c'est peut-être qu'avec ce nouveau choix de tuer ou non, quelque part, il trouve un moyen de se racheter. Ou bien il est conscient qu'il ne pourra assumer un nouveau meurtre qu'il commettrait, cette fois-ci, frontalement. Dans les 2 cas, le personnages évolue au cours du temps (et ce n'est pas ce qu'on demande dans un scénario ?), même si les choses, elles ne changeront pas.

Et ce super-cop, même si son
personnage est un bourrin, le réal prend le temps de le mettre en place, et ce d'une manière toute conne : un simple sourire. Un geste qui ne prend que quelques secondes, mais qui en dit long. Il pourrait être la parfaite allégorie de l'abus de pouvoir, utilisant son rang de policier afin de passer au dessus des lois pour son plaisir. Il trouve l'occasion ici, par l'autorisation de tirer à vue, de laisser lire cours à sa nature violente. Une brèche à travers laquelle il pourra tout se permettre, tous les extrêmes. Lorsqu'il balance une grenade, non seulement c'est la marque d'une réalisation qui va au bout de ses idées et n'a pas peur de s'aventurer dans un terrain presque absurde (des flics avec des grenades, ça ferait peur quand même !), mais en plus, ce geste ajoute à la psychologie du perso qui montre que lui non plus il ne reculera devant rien pour arrêter celui qu'il poursuit. Mine de rien, avec un geste tout con, que pas mal de gens ont jugé en trop, on parvient finalement à affirmer la personnalité d'un flic over the top, mais en plus à créer un lien entre les 2 personnages. Tous les 2 ont un point commun : ils se sont fixés un objectif, qu'il soit salutaire ou de pur sadisme, et ils sont prêt à tout pour l'atteindre. Et si ça c'est pas un putain de moyen de créer une tension dramatique, qu'est-ce que c'est ?Et puis franchement, quand je vois un épilogue de cette qualité, aussi bien d'un point de vue visuel que scénaristique (les chutes aussi marquantes, elles ne sont pas légion), je ne peux pas croire que ce court métrage soit juste une excuse pour casser des voitures. C'est un film, plus je le revois, plus je l'aime, et à chaque fois, j'ai envie de dire une seule chose : Merci Mr Pierret !
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