[Critique] My Bloody Valentine 3D de Patrick Lussier

Publié le par BDboY

Chronique ciné que j'attendais depuis pas mal de temps puisque ce My Bloody Valentine annonçait fièrement un remaniment de la 3D quasi révolutionnaire où celle ci serait perçue comme un élément narratif et non comme un gadget. Tant que cet aspect ne prend pas le pas sur le film en lui même et qu'il lui laisse toute sa qualité originelle, je suis prêt à tenter l'expérience. Seulement...


Et c'est sur cette fin d'introduction ma foi fort débile et laissant faussement planer un suspens inexistant que je vais attaquer le premier aspect qui m'intéresse : ALORS ? la 3D ? Gadget ou pas gadget ? je vais pas y aller par 4 chemins et j'annonce directement la couleur : GADGET ! Ce n'est pas avec ce Meurtre à la Saint Valentin que je vais nouer des liens affectifs avec le procédés de la 3 Dimension, il faudra attendre Destination Finale 4 et Pirhanas 3D pour laisser tomber le véritble verdict. Pour l'instant ma position reste la même : la 3D c'est bien pour amuser les gamins une fois de temps en temps, mais quand il s'agit de créer un véritable sens avec, bah faudra repasser.
Tout ici a été déjà vu au Futuroscope... Entre les plans faciles type "je vais mettre ma pioche près de l'objectif en filmant au grand angle" et autres projections de je ne sais quoi droit dans ta face de spectateur, tous les aspect parc d'attraction de la 3D y passent. Niveau inventivité on repassera. Mais surtout on garde toujours le même problème de visibilité. La 3D fait mal à la tête et quand on sort de la salle on est content d'enlever les lunettes. Cela sera apparemment réglé par de nouveaux écrans : la réponse pour Destination Finale 4. En gros les mouvements de caméra sont mortels et tuent les rétines. Tant et si bien qu'on remercie le réalisateur de ne pas céder à la mode de la caméra secouée, car les plans fixes sont au final bien plus agréable. Autre problème la notion d'ouverture de l'angle de l'objectif qui lorsqu'il n'est pas égal à celui de l'oeil, bah franchement ça fait bizarre. Un grand angle en 3D, ça accentue vachement la profondeur certes, mais ça l'aisse un méchant goût de "pas possible" dans la bouche. Le seul instant où la 3D prend véritablement son envol, c'est lors de cette séquence de face à face avec le tueur où l'espace se déforme et devient maléable grace à un enchaînement de travellings compensés qui pour le coup donne une réelle profondeur à l'image et offre un vrai sens et un vrai but au procédé. Pour ne pas spoiler je ne développerait pas plus, mais en voyant le film vous comprendrez . Mais bon 4 plans sur 1h30 de film, franchement ça fait léger ! Pour moi le cinéma c'est et ça doit rester de la 2D.

En effet, le but du cinéma est de faire oublier la technologie pour impliquer le spectateur dans l'histoire et le faire se sentir concerné par ce qui arrive aux personnages. Avec la 3D rien de tout cela n'est possible pour la bonne et simple raison que c'est un gadget qui imite mal la réalité et surtout qui rend extrêmement palpable la notion de technologie et de tricherie visuelle. De cette façon, il est logique que l'on reste extérieur au film tant celui ci nous rappelle à chaque moment involontairement son mensonge. Et là c'est pas moi qui invente quoi que ce soit, il suffit d'observer les réactions du public qui sur des scènes sensées être dramatiques va rire. Mais faut-il uniquement rejeter la faute sur le procédé technologique ?

La réponse est non. Le film remplie son quota de meurtre niveau slasher mais brille par sa débilité et son incapacité à faire rentrer le public dans son histoire et ses personnages.
En effets, oubliez ici la caractérisation des personnage : ils sont esquissés en 3 minutes et basta, on laisse le spectateur se débrouiller avec ce qu'il a, c'est à dire très peu. On a du mal à croire aux personnage, et à ce qu'il leur arrive puisqu'on ne sait rien d'eux au final. Tout juste si on sait que un tel aime telle fille et que machin et jaloux de bidule. C'est très peu et ça ne suffit pas à cacher l'excuse à la con qui explique tous les meurtres. Parce que la personnalisation du tueur, c'est bien la l'énorme point faible du film ! Pour Lussier, un tueur, c'est un tueur, donc il tue et il ne fait rien d'autre. Quand on s'appelle Jason ou Freddy et qu'on a 12 films dans les jambes, ça passe, mais quand c'est un premier film, ça pèse vraiment pas lourd et notre mineur apparait vraiment comme un gros gros couillon avec un pioche (Kane Hodder en aurait pris de la graine si Jason produisait encore des films avec lui !). Bref coté personnages c'est vraiment du nul de chez nul et quand ils se font tous dézinguer, bah on s'e nfout royalement. HEUREUSEMENT, le père Lussier pense un tout petit peu à son public.
Et oui parce que si ses persos ne sont que des sacs de viande à exploser, autant le faire en tapisant les murs ! Et de ce coté là, My Bloody Valentine 3D n'hésite pas à aller loin, et pour le coup la 3D est utilisée de façon classique certe mais va être quand même, il faut l'avouer, un bon instrument pour décupler le fun. en gros ça perce des têtes, ça arrache des machoires, ça ouvre des cages thoracique, ça éclabousse les murs, ça coupe en deux, etc... Coté gore on est servit, c'est plutôt pas mal imagintatif au niveau des effusions sanglantes et c'est pas trop mal mis en scène. C'est extrêmement superficiel, mais c'est un vrai plaisir de voir autant de sirop de grenadine étalé sur un décor. Mais si ces passages ne sont pas trop mal foutu visuellement parlant, le reste sur temps ça pisse pas loin et le champ contre champ revient un peu trop souvent.
Et niveau scénar, c'est du nawak total, avec des twists en veux tu en voilà qui font monter la pression alors qu'on sait très bien la réponse à tout ce suspens de bas étage. Un slasher qui se teinte au fur et à mesure d'un style whodunit pas forcément le bienvenue puisque le spectateur avisé aura compris qui est le tueur bien plus rapidement que les protagonistes pas très fut-fut.

Bon j'avoue là je chipote un peu. On est venu voir un slasher donc la motivation c'est de voir des gens se faire mettre en pièces et de ce coté là, le film remplit largement son cahier des charges. En plus, c'est en 3D et c'est toujours drôle de voir voler des morceaux de gens en relief. Mais pour ceux qui, comme moi, en attendaient un peu plus, la déception est quand même de taille puisque le film aurait sans doute été bien meilleur sans cette 3D finalement pas du tout révolutionnée qui minimalise plus qu'elle ne maximalise.

Allez pour tous ses petits élans gore et son fun quand même bien présent, je lui met la moyenne, mais un poil plus bossé, ça aurait vallu plus. 5/10 pour moi :)


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Publié dans cinoche

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